Revue de Presse

France Inter: le 9 dec 2016 sur Carnet de campagne

« Dans ces espaces montagneux beaucoup de communes perdent leurs services et peinent à survivre et peinent à survivre. Parfois la solution provient d’une bonne volonté collective des habitants.

Parfaite illustration avec l’association Ecoloc de Barret-Sur-Méouge, 230 habitants. Avec d’autres villages de la vallée, Ecoloc a repris en main une ancienne colonie de vacances, nouveau centre d’activités multiples et surtout nouvelle respiration pour les 10 communes concernées. Cécile Clozel, administratrice de l’association nous attend au téléphone après avoir répondu aux questions de Laurent Grzybowski dans les pages numériques du magazine La Vie. »

 

 

Article « La Vie »:

Disparition des petits commerces locaux, écoles menacées de fermeture, absence de services publics, difficultés de transport… Partout en France, la désertification rurale est à l’œuvre. Et la vallée de la Méouge, près de Sisteron (Hautes-Alpes), avec ses 800 habitants, n’échappe pas au phémonène. Mais loin de se décourager, et refusant de tomber dans la sinistrose, ses habitants ont décidé de se retrousser les manches en créant l’association Ecoloc. Son but ? Redonner vie au centre de vacances de Barret-sur-Méouge, que tout le monde ici appelle « la colo ». Fermée il y a sept ans, avec toutes les conséquences négatives en terme d’emplois, d’économie et d’animation locales, cette grande propriété a accueilli avec bonheur, pendant plusieurs décennies, des gamins des quartiers Nord de Marseille.

« Nous n’avons pas voulu nous résoudre à la fermeture de ce centre qui a longtemps contribué à faire vivre notre vallée, à la fois sur le plan économique mais aussi sur le plan humain, raconte Cécile Clozel, l’une des dynamiques fondatrices d’Ecoloc. Plutôt que de nous lamenter, nous nous sommes dits que nous avions la possibilité de relancer quelque chose. C’est ce que nous avons fait ! » Lancé en juin 2014 avec le soutien de la Fondation de France, ce projet collectif porté par ses 300 adhérents, dont une trentaine de bénévoles actifs, s’est rapidement concrétisé. « Tout était déjà aux normes pour accueillir des groupes, des résidences et proposer des services à la population. »

Bénéficiant pour l’instant d’une location gratuite, dans le secret espoir de pouvoir, un jour, devenir propriétaire, l’association a investi les lieux pour y créer un hébergement collectif (80 lits disponibles, avec des chambres de 2 à 6 personnes), des services de proximité, une boutique coopérative et des activités ludiques, sportives ou culturelles tout au long de l’année. Pour fonctionner et développer ses activités, Ecoloc s’appuie tout naturellement sur les talents et les compétences de ses membres. C’est ainsi qu’a été ouvert un atelier de réparation solidaire de vélos, avec une mise à disposition d’accessoires pour les familles et les enfants, et des animations autour de la bicyclette : fête du vélo, foire aux vélos, fête de la mobilité, vélo-école.

En partenariat avec l’association Epluchures (spécialiste du compost), Ecoloc a aussi créé un jardin en permaculture, « ouvert à tous les amoureux de la terre », et un pressoir collectif où chacun peut apporter ses pommes, ses poires ou ses coings pour en faire des jus de fruits, avec des ateliers pour les enfants autour de la cuisine, du recyclage ou de l’environnement. Après la fermeture de l’épicerie du village, un point de vente a été ouvert, grâce à l’engagement des bénévoles, offrant du pain, des produits locaux et de la quincaillerie. Des animations culturelles complètent le dispositif. La « colo » a ainsi accueilli le premier festival de films documentaires et militants des Hautes-Alpes : Bobines rebelles.

Disposant de nombreux équipements, l’association qui compte trois salariés à mi-temps en emploi aidé, met à la disposition de ses adhérents un espace de travail, du matériel de bureau (reprographie, photocopieuse/scan, wifi, ordinateur, vidéo-projecteur), une machine à laver, des congélateurs, une cuisine coopérative, des salles d’activité pour des réunions et des stages de formation. Situé au cœur du village de Barret-sur-Méouge, à cinq minutes à pied de la rivière, le centre peut aussi bien accueillir et loger des familles – pour des cousinades – que des groupes constitués, classes vertes ou de découverte. Toujours dans une démarche de co-construction.

« Notre vallée a beaucoup d’atouts touristiques à faire valoir », affirme Cécile Clozel. À cheval entre les Hautes-Alpes et la Drôme, la vallée de la Méouge s’étend sur trente kilomètres de rivière, en passant par des gorges sculptées dans des plissements de roche. Petites routes et chemins serpentent au pied des montagnes. « En toutes saisons, la nature y est magnifique », poursuit Cécile Clozel, qui espère bien attirer des jeunes urbains, plus soucieux de leur qualité de vie que de leur carrière. « Du marcheur tranquille au cycliste aguerri, en passant par le baigneur fou de bronzage, chacun peut y trouver son compte. » Et pas simplement pour y passer des vacances, mais pour y vivre toute l’année. »

 

 

Une vidéo réalisé par Primitivi en avril 2016 lors d’un chantier collectif pour la réouverture d’une partie des bâtiments……

 

 

Retrouvez l’émission sur radio Zinzine du Festival Bobines Rebelles, 1ère édition dans le 05, à Ecoloc!

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Le tout premier article sur Ecoloc! Merci au Ravi!

Le fabuleux dessein d’Amélie…

Une tribune libre de Natacha Guiboud, administratrice d’ECOLOC
le 21/10/2014

C’est un centre de vacances dans les Hautes-Alpes par lequel des générations de gamins des quartiers nord sont passées. En 2010, il a fermé. Depuis, une association veut le faire revivre. Et la vallée autour avec.

Comme bien des régions de France éloignées des grands centres producteurs de « richesses », la vallée de la Méouge (dans les Hautes-Alpes) se bat pour exister. Certains villages ont des représentants ouverts sur l’extérieur, qui acceptent d’être remis en question et se servent intelligemment des lois pour accueillir des jeunes, leur laissant le temps de trouver comment vivre et s’installer. Ils revivent. D’autres, en général villages de villégiature et de retraités refusant toute idée jugée dérangeante, font fuir la jeunesse et s’éteignent plus ou moins lentement.

Contrairement aux jeunes des années 70 qui se jetaient dans le fromage de chèvre et le macramé sans y rien connaître, il y a maintenant toute une jeunesse qui, refusant la consommation folle, réfléchit à une façon de vivre différente de la nôtre. Une qui polluerait moins (et peut-être un jour pas du tout). Une qui leur permettrait de travailler dans des domaines où ils sont compétents. D’être heureux dans leur boulot afin de bien le faire. Une qui leur permettrait de passer plus de temps à s’écouter plutôt qu’à se battre. De passer plus de temps avec leurs enfants plutôt que de confier à d’autres leur éducation. De vivre dans des lieux qu’ils aiment.

Ils échangeraient volontiers carrière contre qualité de vie. Sans pour autant refuser le fameux « progrès », mais en le modérant. Belles idées et vaste programme direz-vous. C’est dans cet esprit qu’Amélie est arrivée.

Pleine d’enthousiasme et de compétences. Elle est posée, réfléchie, structurée, cette jeune femme. Elle a des diplômes, des idées, de l’énergie… Et c’est une rassembleuse. Il fût une époque où elle travaillait à Barret-sur-Méouge dans un grand centre d’accueil, colonie de vacances pour enfants des quartiers nord de Marseille.

Le centre a fermé en 2010. Il est à vendre. La vallée se meurt. Amélie nous rassemble donc : beaucoup de jeunes, quelques vieux. Il est possible de racheter et faire revivre ce grand lieu. Elle fait circuler un questionnaire : « Que vous manque-t-il dans la vallée ? Avez-vous des désirs, des idées pour faire revivre l’endroit ? Avez-vous envie de vous investir dans un projet en commun pour ce faire ? » Questions simples.

Depuis que je suis là, aucun politique n’a fait ce genre de sondage. Je suis étonnée par la qualité des projets proposés ce jour-là. Tous sont réfléchis : développement local, démarche participative, éducation populaire sont les trois piliers du projet collectif pour le rachat de ce grand centre – dit Alfa – où tout est déjà en place et aux normes pour accueillir des groupes, des résidences et proposer des services à la population.

Car nous sommes en zone rurale profonde : il faut avant tout rencontrer les « locaux » pour connaître le territoire. Et Amélie monte au créneau. Elle va voir les décideurs, les administrations, les associations. Elle parle, elle explique, elle se renseigne. Rien n’est laissé au hasard. Certains sont goguenards, d’autres bienveillants mais la plupart sont très intéressés. Un autre lieu est proposé à Amélie. C’est à réfléchir… Une association de préfiguration est déclarée en préfecture qui permet d’avoir un cadre juridique pendant le temps nécessaire à la concrétisation du projet. ECOLOC est son nom.

Alors, plutôt que d’ignorer cette belle jeunesse, plutôt que d’employer à tort et à travers le beau mot « utopie » et si on réfléchissait avec eux…